Apprendre, partager, enseigner en Polynésie française

  Actualité Newsletter Livre d'or Contacts FAQ
 
 


 
  Accueil  

PE1 : Préparer le CRPE
 Français  
 
 
 
PE2 : Lumière sur le professeur stagiaire
 
 Stages

Suivez-nous
Facebook Flux RSS
 
 
 
 
  CRPE  Littérature de jeunesse Exemples d'exposés



Récit illustré

Les derniers géants - François Place (Note : 18/20)


Introduction
Présentation de l’œuvre
Je vais vous présenter Les derniers Géants, édité par Casterman en 1992, dont François Place est à la fois l’auteur et l’illustrateur. Ce livre est classé dans la Liste de référence des œuvres de littérature de jeunesse du cycle 3 en tant que "Récit illustré".
Il  se présente sous la forme d’un carnet de voyage.

Choix de l’œuvre 
J’ai choisi ce livre, car comme le témoignent les 11 prix qu’il a reçus, il fait preuve d’une grande qualité littéraire et je pense que les enfants n’y seront pas insensibles. Je l’étudierai avec des élèves de CM2, car à la veille de l’entrée au collège, il faut les entrainer à lire des textes de plus en plus longs et complexes.

Résumé 
C’est l’histoire d’un scientifique anglais du nom d’Archibald Leopold Ruthmore, qui s’aventure jusqu’au pays des géants, puis publie une encyclopédie où il révèle au monde entier sa découverte au nom de la vérité et de l’honneur de la science, ce qui entraîne le massacre des Géants.

Problématique 
Mon exposé s’articule autour de 2 axes :
I - L’analyse littéraire, dans laquelle je mettrai en lumière :
Comment l’auteur mêle ce qui relève de l’imaginaire et du vraisemblable
Comment il organise la relation entre le texte et l’image
II - J’exposerai ensuite des pistes pédagogiques

Choix de l’extrait
Je vais vous lire un extrait qui se situe aux pages 34 et 36, signalé par un marque page bleu. Archibald y rencontre les géants pour la première fois, mais il ne sait plus très bien s’il est dans un rêve ou la réalité. On peut se demander finalement si toute la suite n’est pas que fantaisie, comme le suggèreront scientifiques et journaux après la publication de son encyclopédie. De plus, les divers sentiments ressentis dans ce monologue intérieur illustrent bien, pour moi, la complexité de ce personnage.

Lecture de  l‘extrait
La terre se mit à trembler légèrement, mais j’étais trop faible pour réagir. Un soleil froid me fit soulever les paupières, avant de s’éclipser dans l’ombre d’un de ces piliers de pierre. Horreur ! ce dernier se pencha vers moi. Il chantait d’une voix incroyablement douce. Ma raison était-elle à ce point altérée ? Etait-ce un rêve ? Une hallucination ?
Une angoisse irrépressible m’étreignit la poitrine ; pas un mot, pas un cri ne parvenait à franchir mes lèvres paralysées, et mon corps amaigri tressaillait sous l’empire de la fièvre.
Quelque chose me souleva dans les airs. Quatre énormes têtes, entièrement tatouées, me contemplaient avec insistance. Je perdis connaissance.
Lorsque je repris mes esprits, beaucoup plus tard sans doute, ce fut pour constater que tout ce cauchemar avait laissé place au plus beau des rêves. Ici s’étendait le pays des Géants.
Ils avaient dû prendre grand soin de moi, car toute fatigue m’avait abandonné. Au contraire, j’étais dans un état de bien-être absolu et trouvais presque naturel de côtoyer aussi simplement ces colosses à voix de sirène qui m’avaient accueilli avec tant de bienveillance. Il ne me restait plus qu’à les connaître et les comprendre. Une tâche largement à la hauteur d’Archibald Leopold Ruthmore, tout bien considéré !
 
En analysant Les derniers géants, on constate que :
I – L’auteur mêle imaginaire et vraisemblable
  1. L’imaginaire
Archibald affronte une épreuve initiatique : Ce n’est qu’après la traversée de terres hostiles et la perte de toute l’équipe qui l’accompagnait, que lui est dévoilée l’existence des géants.
 
François Place laisse planer des mystères qui donnent libre cours à l’imagination des élèves. Par exemple :
Pourquoi les géants ne sont-ils plus que 9 ?
Comment savent-ils l’usage que font les hommes de l’or ?
 
L’auteur a imaginé des géants aux caractéristiques très particulières : Leur langue est musicale, les dessins sur leur peau témoignent de leur histoire et de celle du monde qui les entoure.
 
  1. Le vraisemblable
Parallèlement, François Place fournit des détails minutieux, qui donnent une impression de réalisme.
Durée :
On connait, au jour près, la durée de la première expédition et l’histoire s’étend sur plus de dix ans avec deux dates phares :
-Celle du départ d’Archibald vers le pays des géants
-Et celle de la publication de son encyclopédie
Cette période fait allusion à la guerre coloniale anglo-birmane de 1852 et à la politique d’expansion des empires coloniaux. L’histoire des derniers géants fait donc écho au sort de peuples réels.
Lieu :
L’auteur mentionne aussi avec précision des lieux réels. On situe ainsi le pays des géants dans la région birmane.
                                
II – Concernant le rapport entre le texte et l’image
  1. Les techniques
François Place utilise un stylo à pointe fine puis ajoute des couleurs à l’aquarelle avec un effet très naturel.
 
Le format à l’italienne, c’est-à-dire, un livre dont la largeur est plus grande que la hauteur, permet un déploiement des paysages, un jeu sur le contraste entre les géants à la verticale, tels d’énormes piliers semblant soutenir le ciel puis les géants morts à l’horizontale.
La 1ère de couverture met en valeur la grandeur physique et d’âme du géant, tandis que la 4ème de couverture souligne la petitesse de l’homme dont l’ambition a causé la perte des géants.
  1. Le rôle du narrateur visuel
A travers les illustrations, François Place fait une critique de son personnage :
A la page 49 : Là où les illustrations inscrivaient les joutes des Géants dans une relation sociale, un espace et un temps, Archibald gomme toute contextualisation dans son encyclopédie représentée à la page 65 : il n’y a plus d’horizons montagneux, plus de spectateurs. La planche réduit les Géants, leurs célébrations et leur culture à n’être que des « objets ethnologiques ».
Tournons la page pour revenir à la page 62 : Ici, Archibald se proclame lui-même « grand découvreur », dans la planche en vis-à-vis, il a même utilisé sa propre silhouette pour indiquer la hauteur d’un gourdin de Géant. C’est dire son orgueil !
 
III – Je vais vous présenter des pistes pédagogiques pour des élèves de CM2, organisées en fonction de 3 objectifs :
Mon premier objectif est :
  1. D’assurer la compréhension :
1 - Comprendre le contexte
Pour que les élèves comprennent mieux le contexte, on pourra leur demander de repérer les indices du texte et de l’image ayant rapport au lieu et à l’époque.
Puis, un travail de recherche documentaire en lien avec l’histoire et la géographie permettra de confirmer ou d’infirmer les hypothèses des élèves, par exemple l’origine de la monnaie guinée. Ainsi des liens interdisciplinaires et une mise en réseau enrichiront le regard que les élèves portent sur cette œuvre.
 
2- Elargir la réflexion
Pour élargir la réflexion, après avoir lu cette fiction sur l’exploration, j’envisage notamment d’évoquer le carnet de voyage de réels explorateurs, tel que Bougainville, mais aussi de souligner l’importante signification des tatouages chez les peuples polynésiens et maoris.
 
3 - Comprendre un texte complexe - Evaluer la compréhension
Il s’agira pour les élèves de comprendre un texte complexe, car François Place emploie un niveau de langue soutenu. On pourra évaluer la compréhension par des lectures à haute voix des élèves et par des demandes de rappel et d’anticipations de l’histoire. Les problèmes de compréhensions seront repris dans des discussions collectives et des séances décrochées d’ORL (Observation Réfléchie de la Langue).
 
Mon deuxième objectif est de :
  1. Plaider pour des élèves auteurs et acteurs ;
Ecrire
En se basant sur l’extrait que je vous ai lu, on pourra proposer aux élèves d’imaginer un dialogue entre Archibald et les géants. On travaillera la compétence « écrire » pendant au moins 2 séances pour permettre l’élaboration d’un second jet. Ces séances seront entrecoupées de séances décrochées d’ORL (Observation Réfléchie de la Langue), au service de la production d’écrit.
 
Dire
Après s’être préparés, les élèves pourront interpréter devant la classe les dialogues qu’ils ont écrits, ce qui améliorera la compétence « dire », donnera plus de sens à leurs écrits, les valorisera et permettra une prise de distance critique.
 
Enfin, mon troisième objectif est :
  1. D’analyser la relation entre le texte et l’image :
Débat interprétatif
Cette analyse est l’occasion d’un  débat interprétatif portant sur les indices du texte et de l’image. On pourra demander : « Comment est Archibald  à la fin de l’histoire ? » De nombreux éléments peuvent être interprétés et plusieurs interprétations peuvent coexister, par exemple : son apparence est dépouillée, comme celle des géants… Lui qui semblait si petit par rapport à eux,  parait grand à côté des enfants. En jouant sur les mots, on pourrait faire le lien avec le fait qu’il est devenu un grand homme, non plus par sa richesse et son statut social, qu’il a abandonnés, mais car il a compris ses erreurs et en est sorti grandi.
 
Statut des images
Le statut des images du narrateur visuel, qui raconte l’histoire à l’aide des illustrations et le statut des images qui représentent l’encyclopédie écrite par le personnage, pourraient être confondus. On pourra faire constater aux élèves, que dans le storyboard, François Place avait prévu de séparer certaines illustrations en 2 parties, mais que finalement il a réservé ce format particulier à l’encyclopédie.
 
En conclusion
Les derniers géants est une lecture qui nourrit l’imaginaire, mais qui, à travers la fiction, fournit des connaissances et explications sur le monde. Elle développe par ailleurs le langage oral et écrit et encourage les élèves à adopter un regard critique sur ce qu’ils lisent.


Pour aller plus loin :


Consultez les questions portant sur cet exposé de littérature de jeunesse !
 
 
 






Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement